Quand je sors de chez moi, je porte toujours des lunettes teintées. Quel que soit le temps. Une teinte très légère la nuit, une teinte très sombre en plein jour, et tout un dégradé entre les deux.
Je ne sors jamais sans. Ma sensibilité à la lumière ne me laisse pas ce choix.
Une recommandation qu’on prend rarement au sérieux
Dans la rétinite pigmentaire, protéger ses yeux de la lumière n’est pas un confort, c’est un conseil médical. Des lunettes teintées, associées à une casquette, une visière, un chapeau, ou tout autre moyen de faire de l’ombre sur le visage.
La sensibilité à la lumière rend cette protection nécessaire sur le moyen et le long terme. Mais il vaut mieux la respecter dès maintenant, même sur une courte sortie, plutôt que d’attendre que la gêne devienne insupportable.
Je le rappelle parce que je vois souvent des personnes sortir sans rien, en se disant que ce n’est que cinq minutes. Ce sont ces cinq minutes répétées chaque jour qui comptent.
Un système, pas une paire
Voici ce que peu de gens imaginent. Je ne pars pas avec une seule paire de lunettes. Je pars avec quatre.
Je les alterne au fil de la journée, selon la lumière et selon ce que je ressens. Un ciel qui se découvre, une entrée dans un bâtiment, une fin d’après-midi qui décline, chaque changement peut me faire basculer d’une paire à l’autre.
Et j’ai en plus ma surlunette, celle dont je parlais dans mon précédent article, que je pose par moments par-dessus l’une de ces quatre paires.
Ce n’est pas un accessoire. C’est une trousse à outils que je transporte partout, et que j’ouvre plusieurs fois par jour.
Ce que j’ai dans cette trousse aujourd’hui
Un verre dégradé, pratique quand la lumière change progressivement, par exemple en intérieur près d’une fenêtre.
Un verre photochromique, qui ajuste seul son intensité selon la lumière ambiante.
Deux teintes de la gamme ORMA RT, un RT3 et un RT4, deux intensités différentes pour deux niveaux de luminosité.
Un verre polarisé, pour certaines situations bien précises.
Et la surlunette LESA, en renfort, quand le confort de vision s’ajoute au confort de lumière.
Une paire qui m’a posé un vrai problème
Mon verre polarisé m’a appris quelque chose que je n’avais pas anticipé. Avec certains écrans, l’image devient totalement noire.
Je te laisse imaginer la scène. Regarder son téléphone, et ne plus rien voir du tout, alors que l’écran est allumé juste devant les yeux.
Ce n’est pas un défaut de fabrication. C’est le principe même de la polarisation, qui filtre la lumière selon son orientation, et les écrans à cristaux liquides émettent une lumière déjà orientée. Selon l’angle, les deux filtres s’annulent, et l’écran disparaît.
Pour quelqu’un comme moi, qui utilise son téléphone en permanence, avec Gemini et mes lunettes connectées, ce n’est pas un détail. C’est une paire que je réserve à des moments précis, en sachant que je devrai la retirer si je dois consulter mon téléphone.
Ce que j’ai payé, et qui dort dans un tiroir
J’ai aussi deux ou trois paires que je n’utilise plus du tout aujourd’hui. Je ne rentre pas dans le détail de chacune, mais le constat est simple.
Chaque verre correspondant à ma correction coûte autour de cent vingt euros. Multiplie ça par le nombre de paires abandonnées, et tu comprends pourquoi ce sujet me tient à cœur.
Ce n’est pas un regret sur le principe d’avoir essayé. C’est un regret sur la façon dont ces essais ont été faits.
Pourquoi ça arrive
Je suis tombé, plusieurs fois, sur des professionnels pressés. Un choix de teinte fait vite, sans vraiment prendre le temps de vérifier que ça me convenait dans la durée, dans toutes les situations de ma vie quotidienne.
Une teinte qui semble bien en cabine, sous un éclairage neutre, peut se révéler inutile ou même gênante une fois dehors, en plein soleil, ou devant un écran.
Ce que je ferais différemment aujourd’hui
Si je devais refaire mes lunettes maintenant, je prendrais le temps de faire de vrais essais. Sortir avec, tester dans plusieurs conditions, ne pas se contenter d’un essai de cinq minutes en magasin.
Et si après ça, le confort n’est pas au rendez-vous, je n’hésiterais pas à faire changer les verres. Même après l’achat. Même si ça semble être un aveu que le premier choix n’était pas le bon. Mieux vaut ça que continuer à porter une paire qui ne fonctionne pas, ou la ranger dans un tiroir.
Mon conseil
Cherche un opticien spécialisé en basse vision. Pas n’importe quel opticien. Quelqu’un habitué à ce type de choix, qui accepte de prendre le temps des essais, et qui ne s’agace pas si tu demandes plusieurs semaines avant de valider une teinte. Un optométriste peut aussi t’aider à chercher la bonne combinaison.
C’est ce que j’aurais aimé savoir avant de dépenser dans des paires que je ne porte plus.
Ce que je retiens
Se protéger de la lumière n’est pas un confort, c’est une recommandation, à respecter même sur une courte sortie.
Plusieurs paires, une par situation, valent mieux qu’une seule paire censée tout faire.
La polarisation peut rendre un écran totalement noir. À savoir avant de choisir, si tu dépends de ton téléphone comme moi.
Prendre le temps de l’essai coûte moins cher, au final, que de se tromper et de recommencer.
Et un bon opticien spécialisé en basse vision ne te pressera jamais pour choisir.
Si tu veux voir la suite de ce que j’utilise au quotidien, j’ai rassemblé tout ça sur ma page Mon matériel.
Galerie photo
Quelques-unes de mes vraies paires, celles qui composent le système que je décris dans cet article.





