Homme afro-caribéen songeur dans un magasin de lunettes, face à plusieurs paires de lunettes connectées surmontées de points d'interrogation, hésitant entre les modèles.

Ray-Ban Meta, des lunettes grand public qui aident les malvoyants

Les Ray-Ban Meta sont des lunettes connectées conçues par Meta en partenariat avec Ray-Ban. Vues de l’extérieur, ce sont de vraies Ray-Ban : mêmes montures, mêmes verres, aucun écran visible. Elles embarquent une caméra, des haut-parleurs discrets intégrés aux branches, des micros, et un assistant IA. Elles se connectent à ton smartphone via une application, et fonctionnent surtout à la voix : tu leur parles, elles te répondent directement dans l’oreille.

J’utilise des Ray-Ban Meta tous les jours, depuis plus d’un an. Elles me décrivent ce qui m’entoure, me lisent une pancarte, un menu, un numéro de bus. Ce ne sont pas des dispositifs médicaux, elles n’ont pas été pensées pour la basse vision, et pourtant elles sont devenues l’une des aides les plus utiles de mon quotidien.

Ce qu’elles permettent au quotidien

Au-delà de me décrire ce qui m’entoure, mes Ray-Ban Meta me servent pour plein d’autres choses au quotidien. Je peux répondre à mes messages et à mes appels directement depuis les lunettes, sans sortir mon téléphone. Elles me lisent mes notifications à voix haute dès qu’elles arrivent. Je peux aussi passer des appels vidéo WhatsApp avec la caméra des lunettes, ce qui me permet de garder les mains libres pendant qu’une personne de confiance voit ce que j’ai devant moi. Et bien sûr, je peux demander à l’IA de me lire un texte, de me décrire une scène, ou de répondre à une question, à tout moment, juste en lui parlant.

Il y a aussi Be My Eyes, une fonction que je trouve précieuse : elle me met en relation avec un bénévole voyant, par appel vidéo depuis les lunettes, pour m’aider sur ce que je n’arrive pas à voir ou que l’IA ne sait pas bien décrire. C’est un vrai complément aux appels WhatsApp avec mes proches, pour les moments où je préfère solliciter un bénévole plutôt qu’une personne que je connais.

Pourquoi c’est une vraie aide quand on voit mal

Ce qui fait la différence, ce n’est pas une fonction en particulier, c’est la combinaison : je n’ai plus besoin de sortir mon téléphone, de le pointer, de zoomer, pour obtenir une information. Je demande, à voix haute, et la réponse arrive directement dans l’oreille, en quelques secondes. Pour quelqu’un qui voit mal, ça change la manière d’aborder des gestes simples : lire un menu, repérer un numéro de bus, ou simplement savoir ce qui se passe autour de soi sans avoir à demander à quelqu’un.

La discrétion, le point qui change tout

C’est sans doute ce qui compte le plus pour moi. Rien, dans leur allure, ne laisse deviner qu’il s’agit d’une aide technique : elles ressemblent à n’importe quelle paire de Ray-Ban. Je les mets le matin et j’oublie que je les porte. Quand on vit avec un handicap invisible, avoir un outil qui ne signale pas qu’on voit mal, ça change la façon dont on se sent dans l’espace public.

L’autonomie, pensée pour un usage toute la journée

Contrairement à beaucoup de dispositifs d’aide visuelle qui nécessitent des batteries à part ou des boîtiers encombrants, les Ray-Ban Meta se rechargent comme des lunettes classiques, rangées dans leur étui de transport. Selon la génération, l’autonomie va de quelques heures à une journée complète d’usage courant (le détail juste plus bas), largement suffisant pour ne pas y penser en permanence.

L’IA qui décrit, lit et traduit

Couplées à un assistant IA, les Ray-Ban Meta décrivent ce qui m’entoure, lisent un texte à voix haute, qu’il s’agisse d’un menu, d’une pancarte ou d’un numéro de bus, et traduisent une conversation en temps réel. La description de l’environnement et la traduction simultanée sont arrivées par mise à jour logicielle : elles ne dépendent donc pas de la génération de lunettes que tu possèdes.

Pour l’assistant, deux choix s’offrent à toi : l’IA native de Meta, intégrée directement dans les lunettes (tout se passe sans sortir le téléphone), ou Gemini sur ton smartphone, avec les lunettes comme micro et haut-parleur, ce que j’utilise personnellement pour la finesse des réponses. La vraie question n’est donc pas « quelle génération », mais « quel assistant » te convient le mieux.

L’éblouissement : mon vrai sujet de confort

Un point que les comparatifs oublient toujours, alors qu’il me concerne directement : l’éblouissement. Dans la rétinite pigmentaire, la lumière forte est une gêne majeure.

Bonne nouvelle, ça ne dépend pas de la génération. Les deux acceptent des clips solaires qui se posent directement sur les verres, et j’en ai plusieurs : des teintes différentes qui filtrent plus ou moins la lumière, certains polarisés, d’autres non. La polarisation coupe les reflets, ceux du bitume mouillé ou d’une vitrine, qui me gênent plus que le soleil direct. Selon la situation, je choisis le clip le plus adapté, sans jamais me retrouver bloqué avec le mauvais niveau de filtre. C’est pour moi un accessoire aussi important que les lunettes elles-mêmes.

Je détaille ce clip, avec ses limites, sur ma page Mon matériel.

Les Ray-Ban Display ? Pas pour nous

Meta propose un troisième modèle, les Ray-Ban Display, avec un petit écran couleur intégré dans le verre et un bracelet de contrôle. À près de 800 dollars, c’est le haut de gamme.

Soyons clairs : pour quelqu’un qui voit mal, un écran dans le verre n’a aucun intérêt. Je le mentionne surtout pour t’éviter de dépenser une fortune sur une fonction qui ne t’apportera rien. Ce modèle vise un autre public que le nôtre.

Gen 1 ou Gen 2 : la vraie différence, c’est le tarif et l’autonomie

Puisque presque toutes les fonctions d’IA arrivent aujourd’hui sur les deux générations par mise à jour logicielle, le choix entre Gen 1 et Gen 2 se résume surtout à deux critères : le prix et l’autonomie. La Gen 1 est affichée à partir de 329 €, la Gen 2 à partir de 419 €, soit environ 90 € de plus. En contrepartie, l’autonomie double : environ 4 heures d’usage sur la Gen 1, contre 8 heures sur la Gen 2, avec un étui de recharge qui suit (32 heures de réserve contre 48 heures).

Si le prix est ta priorité, ou que tu veux simplement découvrir ces lunettes sans trop dépenser, la Gen 1 reste un excellent point d’entrée : c’est celle que j’utilise au quotidien. Si l’autonomie est un critère important pour toi, parce que tu en dépends pour lire et te repérer toute la journée, la Gen 2 vaut son prix.

Voici d’ailleurs celle que je porte au quotidien :

Ce que j’attends vraiment

Honnêtement, ni la Gen 1 ni la Gen 2 ne représentent le futur qui m’intéresse. Ce que j’attends, c’est autre chose.

D’abord les lunettes Samsung et Google sous Android XR, avec Gemini intégré nativement et une double caméra. Là, on parlerait d’un vrai bond pour mon usage : la puissance de Gemini directement dans les lunettes, sans passer par le téléphone.

Et puis une approche complètement différente, les lunettes Innovega, pensées dès le départ pour la basse vision, dont je t’ai déjà parlé.

En attendant, mes Ray-Ban Meta font le travail. Et c’est déjà beaucoup.

Transparence : certains liens de cet article sont des liens d’affiliation (programmes Amazon et Awin) qui me reversent une petite commission sur les achats réalisés, sans aucun surcoût pour toi. Je ne recommande que du matériel que j’utilise vraiment.


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