On m’a parlé d’une voiture autonome Tesla sans volant ni pédales, capable de rouler toute seule. Quand on a une basse vision et qu’on ne peut plus conduire comme moi, ce genre de nouvelle fait forcément réagir. Alors je suis allé voir ce qui existe vraiment, et ce qui relève encore de la promesse. Voici ce que j’ai trouvé, avec mes réserves.
Qu’est ce que le Cybercab, une voiture autonome sans volant
Le Cybercab est le robotaxi de Tesla. C’est un véhicule autonome à deux places, conçu uniquement pour rouler sans conducteur. Il n’a ni volant, ni pédales, ni rétroviseurs latéraux, ni lunette arrière. Il fonctionne avec des caméras seulement.
La production a démarré en 2026 à Giga Texas, d’abord à un rythme très lent. Début septembre 2026, Tesla a commencé à proposer des trajets payants au public à Austin, au Texas. Pour l’instant, c’est donc un service local aux États-Unis, pas une voiture qu’on peut acheter chez nous.
Pour voir le Cybercab en images, voici une vidéo sur le Cybercab.
Ce qui est prévu pour les personnes aveugles et malvoyantes
Le 6 juillet 2026, Tesla a présenté le Cybercab à la convention annuelle de la National Federation of the Blind, à Austin. Ce qui a été montré porte surtout sur l’intérieur de la cabine.
- Du braille sur la commande d’ouverture des portes et sur le bouton d’arrêt d’urgence.
- De la place pour un chien guide ou du matériel d’assistance.
- Des sièges à hauteur de fauteuil roulant pour faciliter le transfert.
L’idée est qu’une personne aveugle ou malvoyante puisse monter, voyager et descendre sans conducteur et sans aide. Pour les personnes en situation de déficience visuelle, c’est un vrai pas, à condition que le reste suive. Une version adaptée aux fauteuils roulants est encore en développement.
Ce qu’on ne sait pas encore
Que l’on ait une rétinite pigmentaire, une DMLA ou un glaucome, le plus difficile n’est pas seulement de s’asseoir dans la voiture. C’est de la trouver sur le trajet, de savoir où elle s’arrête et de comprendre ce qui se passe pendant le voyage. Sur ces points, rien n’a été détaillé publiquement pour le Cybercab. On ne sait pas s’il y aura un guidage vocal dans l’application, des annonces pendant le trajet ou une aide pour rejoindre le véhicule.
Un article américain note d’ailleurs que Waymo, son concurrent, propose déjà une accessibilité plus complète, avec des indications pas à pas, des signaux sonores, des retours par vibrations et un récit du trajet. Je reste donc prudent, une cabine avec du braille ne fait pas à elle seule un service accessible à une personne malvoyante.
Un véhicule qui pose encore des questions de sécurité
Tesla a certifié lui même que le Cybercab respectait les normes de sécurité américaines, en estimant que certaines règles pensées pour un conducteur ne s’appliquent pas à un véhicule sans poste de conduite. L’agence américaine de sécurité routière, la NHTSA, a ouvert un audit début septembre 2026. Le 10 septembre, elle a demandé à un dirigeant de Tesla de répondre sous serment, avant le 30 septembre, à ses questions sur cette certification. À ce jour, je n’ai trouvé aucune information publique sur le contenu de cette réponse.
Je ne suis pas juriste, je rapporte simplement ce qui est publié. Mais pour une personne ayant une déficience visuelle qui compterait sur ce type de véhicule autonome, la sécurité passe avant tout le reste.
Et en France
Pour le moment, le Cybercab n’est proposé nulle part en France. La presse spécialisée estime qu’il ne pourrait pas arriver en Europe avant 2028 ou 2030 au plus tôt, parce que le cadre réglementaire européen n’est pas prévu pour des voitures sans volant. Des essais de conduite autonome Tesla avec supervision sont annoncés sur des routes françaises, mais ce n’est pas la même chose qu’un robotaxi sans conducteur.
Ce que j’en pense
Ne plus pouvoir conduire, je l’ai vécu comme une vraie perte d’autonomie. J’en ai parlé dans Ne plus pouvoir conduire, la décision la plus dure que j’ai eu à prendre. Alors une voiture autonome qui promet de me déplacer sans conducteur, avec une cabine pensée aussi pour les personnes aveugles, ça me parle forcément.
Mais avec une rétinite pigmentaire et une basse vision, je sais aussi qu’une belle promesse technologique ne suffit pas. Il faut que le service soit simple à utiliser sans la vue, du moment où on le commande jusqu’à celui où on en descend. En attendant, je continue de m’appuyer sur ce qui existe déjà, comme les services d’accompagnement en gare que je détaille dans mon article sur le train et la déficience visuelle.
Je suivrai ce sujet de près, et je mettrai cet article à jour dès qu’on en saura plus sur l’accessibilité réelle du service pour les personnes malvoyantes et en situation de basse vision.
Sources, Yahoo Autos sur l’accessibilité du Cybercab, GM Authority sur le déploiement et l’enquête de la NHTSA, fiche Wikipédia du Tesla Cybercab et Tesla Mag sur l’arrivée du Cybercab en Europe.
