Une info m’est passée sous les yeux cette semaine, et je me suis dit qu’elle vous intéresserait aussi : une femme aveugle a retrouvé la vue en Italie, grâce à une opération inédite. Voici ce qu’il s’est vraiment passé, et surtout, ce que ça change ou pas pour nous.
Ce qui s’est passé
Le 27 juillet 2026, à l’hôpital Molinette de Turin, une équipe chirurgicale a rendu la vue à Elena, une Italienne de 67 ans, aveugle depuis cinq ans à la suite d’un grave accident de la route.
Son œil gauche avait une rétine saine, mais son nerf optique était irrémédiablement endommagé : impossible pour lui de transmettre l’information visuelle au cerveau. Son œil droit, lui, avait un problème inverse. Les chirurgiens ont eu l’idée de prélever la macula, la partie centrale de la rétine, de son œil gauche sain, pour la transplanter dans son œil droit. Six heures d’opération, et le résultat a fonctionné : Elena voit à nouveau.
C’est présenté comme une première mondiale.
Ce qu’il faut garder en tête avant de s’emballer
Des experts français, interrogés sur le sujet, attendent encore la publication des données scientifiques complètes avant de se prononcer sur la fiabilité de la technique et sur sa possibilité d’être reproduite ailleurs. Pour l’instant, c’est un cas, un seul, très récent. Pas un traitement disponible, ni même validé à grande échelle.
Et pour nous, les rétinites pigmentaires ?
C’est la question que je me suis posée en premier, et je préfère être honnête avec vous tout de suite : cette technique ne nous concerne pas, en tout cas pas dans son principe actuel.
Ce qui a permis cette opération, c’est qu’Elena avait un œil avec une rétine saine, seulement empêchée de communiquer avec le cerveau. On a donc pu la déplacer vers l’œil qui en avait besoin.
Dans la rétinite pigmentaire, le problème est différent. Ce sont nos photorécepteurs eux-mêmes, dans les deux yeux, qui dégénèrent progressivement. Il n’y a pas de rétine saine quelque part à transférer. C’est une maladie qui touche la source, pas le transport du signal.
Pourquoi j’ai quand même voulu vous en parler
Parce que ça reste une preuve que la chirurgie oculaire avance, vite, et de façon parfois inattendue. Les techniques qui semblent aujourd’hui hors de portée pour notre maladie ne le resteront pas forcément indéfiniment. La recherche sur la rétinite pigmentaire progresse aussi, de son côté, par d’autres voies : thérapie génique, implants rétiniens, entre autres.
Je préfère partager ce genre d’info avec la nuance qui va avec, plutôt que de laisser un titre accrocheur faire naître un faux espoir. Mais l’espoir légitime, lui, reste entier.
