Rétinopathie pigmentaire ou pas, la vie continue. Le travail, les courses, les repas de famille, les sorties entre amis — rien de tout ça ne s’arrête. Ce qui change, c’est la manière dont je m’organise pour que ça reste possible. Voici un aperçu honnête de mon quotidien, sans filtre.
Au travail
Je suis en télétravail la majeure partie du temps, ce qui m’aide énormément : mon environnement est adapté, à mon rythme, sans avoir à gérer les imprévus d’un open space. Un clavier rétroéclairé toujours à portée de main, un écran en contraste élevé, tout est pensé pour limiter la fatigue visuelle.
Quand je dois me rendre sur site pour des réunions, la mission handicap de mon entreprise a mis en place la prise en charge de mes déplacements en taxi. C’est le genre d’aménagement qui change tout : je peux me concentrer sur ma réunion plutôt que sur le stress du trajet. Le plus dur n’a pas été de m’adapter techniquement, mais d’oser en parler à mes collègues et à ma hiérarchie. Aujourd’hui, c’est fait, et honnêtement, ça a tout changé : plus besoin de faire semblant.
Dans la rue et les sorties
C’est souvent là que les choses se compliquent le plus. Un trottoir mal éclairé, une terrasse de café où je ne repère pas tout de suite une chaise vide, un plan de métro illisible pour moi — ce sont des détails qui, mis bout à bout, demandent beaucoup d’énergie. Mes lunettes Ray-Ban Meta couplées à Gemini Live sont devenues un vrai réflexe : je leur demande de me décrire ce qui m’entoure, de lire un menu ou une pancarte, et ça m’évite pas mal de situations gênantes. Ce n’est pas parfait, mais ça change la donne.
En famille
Je suis marié et papa de deux enfants, et ce sont eux qui m’accompagnent au quotidien, tout simplement. Pas de grand discours, pas de drame — juste une présence naturelle qui rend les choses plus fluides : on s’organise ensemble, sans que j’aie besoin de tout expliquer ou justifier. Ce sont ces petits ajustements silencieux, presque invisibles pour un œil extérieur, qui font toute la différence. Avoir une famille qui comprend et qui s’adapte sans en faire une montagne, c’est sans doute l’un des plus grands soutiens dans mon quotidien.
Ce que je retiens
Le quotidien avec une basse vision, ce n’est pas une succession de drames — c’est une accumulation de petites adaptations, certaines techniques, d’autres simplement humaines. Ce qui m’aide le plus, ce n’est pas un gadget en particulier, c’est d’avoir arrêté de vouloir cacher mes difficultés. Une fois qu’on en parle, les solutions arrivent plus facilement — venant de moi, ou des gens autour de moi.
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